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 Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.

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Sieghard Heiderich
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Peste Londonienne



Messages : 68
Date d'inscription : 22/04/2012
Localisation : In Southern Districs, but don't come see me please.

MessageSujet: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Ven 3 Mai - 23:00

Mon corps, toujours aussi humanisé, commençait à trembler fortement, cependant il m’était difficile de déterminer si ceci était dû à la peur ou au froid… Non pas que je tenais spécialement à ce qu’il reste en vie, en tout cas c’était ce que j’essayais de me convaincre, mais l’idée de le savoir mort par ma faute ne m’enchantait guère. Oui, bien que cette peur omniprésente de la mort sous son état visuel fût une raison suffisante, j’avais également une certaine éthique, je me refusais d’être considéré tel un meurtrier, je n’étais pas la bête sanguinaire que je devais être, tuer quelqu’un revenait à assumer le fait que je sois un être démoniaque et malgré les années je me refusais toujours de l’accepter tel quel, bien que les faits étaient là. Les secondes défilèrent lentement, très lentement, alors que tout ce passait très vite. Continuant d’appuyer sur son frêle torse dans une mainte tentative de massage cardiaque, je sentais toujours ce mince filet de vie au sein de son corps, ce qui me rassuré, ne serait-ce qu’un peu. Fixant ses lèvres violacées par le froid, je mordais les miennes dans une tentative de garder mon calme, puis avec une dernière poussée sur sa cage thoracique, c’est avec soulagement que je le vit expulser l’eau qui se trouvait dans ses poumons. Dire qu’il toussait était un bien grand mot, non, cela avait était plutôt un réflexe vomitif, outre sa respiration qui était revenue et son pouls qui se maintenait très bas, il n’avait tout simplement aucune réaction de sa part, comme profondément endormis… Non son corps tremblait, tout autant que le miens, sauf que si je le laissais ainsi, il finirait par mourir d’hypothermie et non de noyade. Regardant aux alentours, je poussai un long soupire, j’aurais très bien pu le laisser mourir ici, ayant simplement sa… mort sur la conscience, mais je savais que je le regretterai fortement si je voyais son cadavre, tel que je l’avais laissé maintenant, faire la une de journaux. Et diantre, si je devais le laisser mourir ici, j’aurai du le faire quand il était tombé et non pas me précipiter comme un idiot sous la peur. Mais la peur de quoi ? De le perdre, lui, seul personne à avoir daigné me considérer et « discuté » avec moi après plusieurs décennie de solitude ? C’était ridicule, il restait un simple inconnu, une connaissance tout au plus. J’avais réellement peur de cette considération du surnaturel qui m’habite, bien que cette fois-ci il m’était très utile de m’assumer en tant qu’immortel. Mais en attendant, il y avait un mortel à mes côtés et sa température chutée dangereusement. Donc maintenant, il faut que j’assume les conséquences de mes actes irréfléchis. J’aurai voulu saisir une cigarette, histoire de me détendre, mais au vu de notre situation, cela m’étonnerai beaucoup que je puisse l’allumer avec des allumettes mouillées alors que cette dernière était détrempée. C’est alors que, respirant profondément, je me relevai, le saisissant, étant frappé par la froideur presque… cadavérique, de son corps. Le portant sur mon épaule, le serrant contre mon corps naturellement tout aussi froid que le siens, je me mis à marcher vers ma résidence, seul lieu où je pouvais l’emmener à ma connaissance.

Parcourant alors les rues, vides, froides, sombres, d’un pas rapide, je bifurquai dans l’une d’elle histoire de me retrouver devant la devanture décharné par le temps de mon habitation. Ne faisant nullement attention aux murs de pierres défraîchies ni à la porte au bois rongé par le temps et non les mites, j’ouvris violemment cette dernière, que je laissais toujours ouverte. La refermant que d’un simple coup de pied, je pris directement les escaliers, sur ma gauche, montant dans ma chambre, lieu totalement inutile puisque je n’avais nullement besoin de sommeil. Tremblant toujours, par le froid j’en étais sûr, j’allongeai alors précipitamment le corps inanimé du jeune dans ma couche, les draps devenant humides sous lui. Rapprochant à la va vite un vieux fauteuil au tissu déchiré, je m’assis dessus le fixant, toujours ébranlés de tremblements et de violents frissons, mais admirant néanmoins sa cage thoracique ce soulever à chaque respiration… après plusieurs minutes sans rien dire, il me vint enfin à l’esprit qu’il n’ira sûrement jamais mieux avec des habits détrempés et surtout gelés par la température du en-dehors. Passant ma main dans mes cheveux humides, cela devait être également son cas, encore une chose dont je devais m’occuper… Je partis donc dans la salle d’eau adjointe à la chambre et je ramenai un essuie blanc immaculé, me postant devant lui, penché au dessus de lui, soupirant légèrement, me parlant à moi-même :

- Qu’est ce que je ne dois pas faire… Me dis-je alors que je le soulevais légèrement pour lui retirer sa veste blanche.

Le rallongeant, je commençai à déboutonner son haut, passant ma main sur son torse fin, sans aucunes pensées malsaines, en tout cas c’est ce que je me répétais à tue-tête. Il fallait avouer que cette blancheur laiteuse et ces muscles légèrement développés sans pour autant être flagrant était quelque peu attirante, mais ce n’était point le temps de penser à cela, il allait attraper la mort si ce n’était déjà fait. Gardant la tête froide, enfin au mieux du possible, je le dépouillé toujours de ces vêtements qui étaient tout de même d’assez bonne qualité, non sans une légère rougeur dont j’étais réellement honteux. Passant vite fait l’essuie sur son torse, j’essorai par la suite ses cheveux bleus, cheveux dont j’avais retiré l’attache pour qu’ils sèchent plus vite. Une fois fini, et jetant l’essuies à travers la pièce, je me levai vers l’imposante armoire et sortit vite fait une chemise blanche, sèche, afin de lui mettre, je n’allais pas le laisser nu dans mon lit, même si on n’était et ne serait que nous deux, cela pouvait porter à confusion, confusion dont je ne voulais même pas que l’idée m’effleure l’esprit. Lui enfilant avec maintes peines l’habit, je remontai alors les draps sur lui, m’asseyant alors sur le fauteuil, mes propres habits étant déjà secs ou bien quelque peu humides. Desserrant ma cravate, je restais alors là, à écouter le rythme de son cœur redevenir normal, tout comme sa respiration… Qu’est-ce qu’il ne me faisait pas faire, il a fallut qu’il ne se passe strictement rien durant des années, pour qu’en une nuit un gamin chamboule entièrement mon quotidiens…