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 Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.

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Sieghard Heiderich
Peste Londonienne



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MessageSujet: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Ven 3 Mai - 23:00

Mon corps, toujours aussi humanisé, commençait à trembler fortement, cependant il m’était difficile de déterminer si ceci était dû à la peur ou au froid… Non pas que je tenais spécialement à ce qu’il reste en vie, en tout cas c’était ce que j’essayais de me convaincre, mais l’idée de le savoir mort par ma faute ne m’enchantait guère. Oui, bien que cette peur omniprésente de la mort sous son état visuel fût une raison suffisante, j’avais également une certaine éthique, je me refusais d’être considéré tel un meurtrier, je n’étais pas la bête sanguinaire que je devais être, tuer quelqu’un revenait à assumer le fait que je sois un être démoniaque et malgré les années je me refusais toujours de l’accepter tel quel, bien que les faits étaient là. Les secondes défilèrent lentement, très lentement, alors que tout ce passait très vite. Continuant d’appuyer sur son frêle torse dans une mainte tentative de massage cardiaque, je sentais toujours ce mince filet de vie au sein de son corps, ce qui me rassuré, ne serait-ce qu’un peu. Fixant ses lèvres violacées par le froid, je mordais les miennes dans une tentative de garder mon calme, puis avec une dernière poussée sur sa cage thoracique, c’est avec soulagement que je le vit expulser l’eau qui se trouvait dans ses poumons. Dire qu’il toussait était un bien grand mot, non, cela avait était plutôt un réflexe vomitif, outre sa respiration qui était revenue et son pouls qui se maintenait très bas, il n’avait tout simplement aucune réaction de sa part, comme profondément endormis… Non son corps tremblait, tout autant que le miens, sauf que si je le laissais ainsi, il finirait par mourir d’hypothermie et non de noyade. Regardant aux alentours, je poussai un long soupire, j’aurais très bien pu le laisser mourir ici, ayant simplement sa… mort sur la conscience, mais je savais que je le regretterai fortement si je voyais son cadavre, tel que je l’avais laissé maintenant, faire la une de journaux. Et diantre, si je devais le laisser mourir ici, j’aurai du le faire quand il était tombé et non pas me précipiter comme un idiot sous la peur. Mais la peur de quoi ? De le perdre, lui, seul personne à avoir daigné me considérer et « discuté » avec moi après plusieurs décennie de solitude ? C’était ridicule, il restait un simple inconnu, une connaissance tout au plus. J’avais réellement peur de cette considération du surnaturel qui m’habite, bien que cette fois-ci il m’était très utile de m’assumer en tant qu’immortel. Mais en attendant, il y avait un mortel à mes côtés et sa température chutée dangereusement. Donc maintenant, il faut que j’assume les conséquences de mes actes irréfléchis. J’aurai voulu saisir une cigarette, histoire de me détendre, mais au vu de notre situation, cela m’étonnerai beaucoup que je puisse l’allumer avec des allumettes mouillées alors que cette dernière était détrempée. C’est alors que, respirant profondément, je me relevai, le saisissant, étant frappé par la froideur presque… cadavérique, de son corps. Le portant sur mon épaule, le serrant contre mon corps naturellement tout aussi froid que le siens, je me mis à marcher vers ma résidence, seul lieu où je pouvais l’emmener à ma connaissance.

Parcourant alors les rues, vides, froides, sombres, d’un pas rapide, je bifurquai dans l’une d’elle histoire de me retrouver devant la devanture décharné par le temps de mon habitation. Ne faisant nullement attention aux murs de pierres défraîchies ni à la porte au bois rongé par le temps et non les mites, j’ouvris violemment cette dernière, que je laissais toujours ouverte. La refermant que d’un simple coup de pied, je pris directement les escaliers, sur ma gauche, montant dans ma chambre, lieu totalement inutile puisque je n’avais nullement besoin de sommeil. Tremblant toujours, par le froid j’en étais sûr, j’allongeai alors précipitamment le corps inanimé du jeune dans ma couche, les draps devenant humides sous lui. Rapprochant à la va vite un vieux fauteuil au tissu déchiré, je m’assis dessus le fixant, toujours ébranlés de tremblements et de violents frissons, mais admirant néanmoins sa cage thoracique ce soulever à chaque respiration… après plusieurs minutes sans rien dire, il me vint enfin à l’esprit qu’il n’ira sûrement jamais mieux avec des habits détrempés et surtout gelés par la température du en-dehors. Passant ma main dans mes cheveux humides, cela devait être également son cas, encore une chose dont je devais m’occuper… Je partis donc dans la salle d’eau adjointe à la chambre et je ramenai un essuie blanc immaculé, me postant devant lui, penché au dessus de lui, soupirant légèrement, me parlant à moi-même :

- Qu’est ce que je ne dois pas faire… Me dis-je alors que je le soulevais légèrement pour lui retirer sa veste blanche.

Le rallongeant, je commençai à déboutonner son haut, passant ma main sur son torse fin, sans aucunes pensées malsaines, en tout cas c’est ce que je me répétais à tue-tête. Il fallait avouer que cette blancheur laiteuse et ces muscles légèrement développés sans pour autant être flagrant était quelque peu attirante, mais ce n’était point le temps de penser à cela, il allait attraper la mort si ce n’était déjà fait. Gardant la tête froide, enfin au mieux du possible, je le dépouillé toujours de ces vêtements qui étaient tout de même d’assez bonne qualité, non sans une légère rougeur dont j’étais réellement honteux. Passant vite fait l’essuie sur son torse, j’essorai par la suite ses cheveux bleus, cheveux dont j’avais retiré l’attache pour qu’ils sèchent plus vite. Une fois fini, et jetant l’essuies à travers la pièce, je me levai vers l’imposante armoire et sortit vite fait une chemise blanche, sèche, afin de lui mettre, je n’allais pas le laisser nu dans mon lit, même si on n’était et ne serait que nous deux, cela pouvait porter à confusion, confusion dont je ne voulais même pas que l’idée m’effleure l’esprit. Lui enfilant avec maintes peines l’habit, je remontai alors les draps sur lui, m’asseyant alors sur le fauteuil, mes propres habits étant déjà secs ou bien quelque peu humides. Desserrant ma cravate, je restais alors là, à écouter le rythme de son cœur redevenir normal, tout comme sa respiration… Qu’est-ce qu’il ne me faisait pas faire, il a fallut qu’il ne se passe strictement rien durant des années, pour qu’en une nuit un gamin chamboule entièrement mon quotidiens…





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Shu Mikaze
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Dim 5 Mai - 17:24

J’ouvris doucement les yeux. Ma vision était quelque peu trouble, j’avais du mal à discerner quoi que ce soit. Je clignai plusieurs fois des yeux. Ma vision redevenait peu à peu normale, j’essayai de discerner quelque chose autour de moi. Dans un long soupire, je regardais le plafond au-dessus de moi. Je fronçais légèrement les sourcils, ce n’était pas le plafond de ma maison. Non, je n’étais pas chez moi, et j’en étais certain. Il y avait une atmosphère … que je trouvais différente. En plus de ça, j’avais un mal de crâne horrible ! Je ne savais pas ce qui se passait, et j’avais les membres engourdis, j’avais du mal à bouger. Puis, je me rappelais peu à peu. Oui c’était ça … j’étais tombé dans le fleuve. Et après, j’avais perdu connaissance. Et je me suis réveillé ici. Que s’est-il passé pendant ce lapse de temps où j’étais endormi ? Je ne le savais pas, et je ne cherchais pas à comprendre, du moins pas pour le moment. Je me rappelle juste que je voulais me réveiller, quand j’étais endormi. Oui, je n’avais pu contrôler mon corps pendant un certain moment. Et puis, quelqu’un m’a sauvé. Et c’est cette personne qui m’a sûrement amené ici. J’espérais seulement que cette dite personne soit Sieghard, je ne savais pas pourquoi, mais je voulais que ce soit lui. Je voulais le remercier, oui, le remercier pour m’avoir sauvé après m’avoir accidentellement fait tomber du pont. Je sourirais à cette pensée, devais-je lui en vouloir tout de même ? Après tout, même s’il ne l’avait pas fait exprès, il avait quand même légèrement poussé. Voulait-il seulement me faire peur pour que je cesse mon jeu que seul moi trouvais amusant ? Je ne savais pas trop quoi penser, je voulais juste voir s’il était là, oui, s’il était à mes côtés, s’il avait été à mes côtés depuis ma chute.

Je tournai la tête sur le côté, en espérant le voir. Et mon souhait fut de suite exaucé, alors que je le percevais, là, assis à mes côtés. Je souriais légèrement à sa vue, le regardant dans les yeux, comme on le faisait avant que je tombe dans ce maudit fleuve. Je me posais certaines questions d’ailleurs. Qu’avait-il ressentit en me voyant chuter du pont ? Avait-il eu peur ? Etait-il soulagé de me voir encore en vie malgré tout cela ? Je ne pouvais me résoudre à lui faire part de ces questions qui me taraudaient l’esprit, mais j’avais tellement envie d’en connaître les réponses. Rien que pour ma seule satisfaction. Mais je devais avouer que je lui devais beaucoup. Il m’avait sauvé d’une mort certaine, s’il n’avait pas été là pour me sortir de l’eau, je ne serai pas là à me dire tout cela, le silence régnant pendant ce temps-là dans la pièce. Peut-être lui demanderais-je tout cela plus tard, oui …

Je toussais faiblement, ma respiration était plutôt difficile, je ne me sentais pas très bien. Puis je me mis à regarder autour de moi. J’étais donc chez lui, c’est ça ? J’étais quelque peu gêner à cette idée, mais il fallait que je m’y fasse ; c’était pour mon bien. Je devais sûrement être dans son lit d’ailleurs, à moi qu’il n’ait d’autres lits pour d’éventuelles autres personnes. A la simple pensée de me trouver dans son lit, je me sentais légèrement rougir, ce qui me fit honte d’ailleurs. Pourquoi rougissais-je pour ce détail qui était anodin dans cette situation ? Je fis mine de ne rien remarquer, puis je me remis à fixer Sieghard, un léger sourire aux lèvres qui commençait à disparaître peu à peu quand je le regardais.

« - Sieghard, je … je … »

Je n’arrivais pas à parler, je fus soudainement ébranlé par une envie de pleurer. C’est ce que je fis, sans pouvoir me contrôler. Les larmes coulaient sans que je puisse faire quoi que ce soit. Mais seulement, pourquoi ? Pourquoi pleurais-je alors que, j’étais en vie. Oui, j’étais là, je respirais, je vivais. La mort m’avait frôlé certes, mais j’avais la chance d’être encore là, en vie. Et tout ça, grâce à une seule et unique personne. Sieghard. Je lui devais tant. Jamais je ne pourrais assez le remercier. Etait-ce pour cela que je pleurais ? Pour la raison que je ne pourrais jamais lui rendre la pareille, ce que je lui dois ? C’était tout simplement futile, je rougissais de plus en plus, mais dans ce cas-là, c’était de honte. Je devais me comporter normalement, le plus vite possible. Ou il commencerait à se poser des questions. Je ne voulais pas que des doutes s’installent, bien que moi-même j’en avais. Oui j’en avais. Sur pleins de choses nous concernant, oui. Je calmais peu à peu ma crise de larmes, regardant de nouveau Sieghard, le regarde mouillé.

« - Merci … Je te remercie, Sieghard, de m’avoir sauvé … Je … J’ai été idiot, n’est-ce pas ? Haha, je suis nul, je suis nul … Tu ne peux pas savoir à quel point je te suis reconnaissant. J’aimerai te rendre la pareille, mais … comment ? »

Je m’arrêtais là dans mon discours. Je ne voulais pas lui dire tout ce que je pensais. Car ce que je pensais à propos de lui ne lui plairait sûrement pas. Je sentais mon cœur battre la chamade, je détournais alors le regard, et me mis à fixer de nouveau le plafond. Puis, je pensai alors à un détail. Quand il essayait de me réanimer, chose que je me rappelais du moins, je l’avais « senti » même si cela était un bien grand mot. M’avait-il fait du … bouche à bouche ? Rien que penser … ses lèvres contre les miennes … même si c’était pour me sauver … Raaah ! Qu’est-ce que je pensais moi ?! Je me sentis rougir subitement, j’avais énormément chaud aux joues. Je me cachai alors la tête sous les draps, de sorte que Sieghard ne puisse pas voir mon rougissement dont j’avais énormément honte. Puis je remarquai alors quelque chose. Mes vêtements … je ne portais pas mes vêtements. Cette chemise que j’avais sur moi, n’était pas la mienne. Une des siennes ? Il m’avait donc … déshabillé. Que des circonstances déroutantes ! Le rougissement sur mes joues s’étendait de plus en plus, je n’aimais pas ça. Du moment qu’il ne me voyait pas rougir de la sorte pour des petits détails anodins, tout allait bien … Du moins, c’est ce que j’espérais.


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Sieghard Heiderich
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Jeu 9 Mai - 15:40

J’avais donc passé tout le reste de la nuit, là, assis à ses côtés, « Le masque de la mort rouge » de Poe dans les mains, lisant tranquillement, attendant que le jeune se réveille. Ce ne fût que lorsque le petit matin transperça les vieux volets délabrés de ma demeure qu’il daigna ouvrir les yeux. Ne reposant pas directement mon livre, mais levant néanmoins les yeux vers lui, je fus quelque peu surpris de voir un sourire sur son visage tandis qu’il me fixait. On se regarda alors quelque instant dans le blanc des yeux, sans rien dire, j’eu un imperceptible froncement de sourcil, cet inconscient me souriait alors que c’était moi qui l’avait poussé ? Que lui passait-il par la tête ? La situation devenait pour moi quelque peu incompréhensible à vrai dire.

Il se mit alors à tousser faiblement, avec ce qui était arrivé, cela ne m’étonnerai même pas qu’il soit malade. J’espérais simplement qu’il ne passe pas l’arme à gauche dans les instants qui suivent, cela serait très malencontreux… De plus ce garçon détenait encore un grand semblant de mystère que j’aimerais bien éclaircir à un moment donné. Sous mon regard insistant, il se mit à regarder autour de lui, le rouge lui montant aux joues sûrement à cause de la maladie et de la fièvre engendrée. J’avais légèrement honte à ce moment du triste état de mon chez-moi. Quelques étagères étaient reversées voir cassées par le temps, une multitude de livres jonchais le sol, quand au papier peint il était déchiré et tâché, l’humidité faisant moisir certaine chose alors que l’on voyait le plafond de plâtre craquelé et avec de grande traces d’humidité. Seul le lit et le fauteuil semblait dans un état convenable à vrai dire. Une lampe à gaz jonchait sur la table de nuit, la poussière ayant élu domicile dessus et dedans. Soupirant légèrement, je remarquai que Shu rapporta son attention vers moi, me fixant, souriant toujours avant qu’il perde progressivement son sourire :

- Sieghard, je … je …

Sa voix mourut alors directement après, il me fixa et ses yeux devinrent alors larmoyants, puis, sans crier gare, il se mit à pleurer. Le voir ainsi me serra la gorge pour ne pas dire le cœur puisque techniquement je n’en avais point. Ne sachant pas comment réagir et hésitant grandement à faire que quoi ce soit, ne serait-ce qu’un simple geste à son encontre, je le fixais, mes lèvres se relevant me donnant une piteuse expression, mi-tendre, mi-triste. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas ressentit tellement d’émotion, la colère, la peur, la tristesse… Pouvait-on appeler ca des émotions ? A vrais dire je ne savais point, parfois je réagissais ainsi sans réfléchir, tout comme le léger rougissement qui prenait place sur mes joues que je sentais chauffée, m’énervant encore plus intérieurement, je devenais réellement honteux, ce n’était pas moi… D’ailleurs il y en avait un autre qui rougissait, mais cela devait être par la fièvre, j’avançai alors lentement ma grosse main rêche et froide vers lui, comptant la poser sur son front pour sentir sa température, mais je m’arrêtai dans mon geste tandis qu’il reprit la parole :

- Merci … Je te remercie, Sieghard, de m’avoir sauvé … Je … J’ai été idiot, n’est-ce pas ? Haha, je suis nul, je suis nul … Tu ne peux pas savoir à quel point je te suis reconnaissant. J’aimerai te rendre la pareille, mais … comment ?

Avant même que je réponde ce qui me passait par la tête sur le moment, il brisa notre contact visuel, les joues toujours aussi rouges. Puis sans que je ne comprenne pourquoi, il cache sa tête sous les draps, il devait avoir honte, enfin me dire cela, ça devait avoir donné un sacré coup à sa fierté, lui qui ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds, cherchant toujours un stratagème pour avoir le dessus sur la situation. Cela voudrait-il donc dire que j’avais gagné la bataille ? Sûrement, un petit rire, fier, passa d’entre mes lèvres, tandis que je posai mon livre sur le lit. Le fixant alors qu’il était toujours enfoui dans son cocon protecteur, je m’affalai dans le fauteuil, croisant les bras, résistant à l’envie de saisir une cigarette :

- Effectivement tu es idiot, nul je ne pense pas, mais idiot oui. Idiot pour jouer avec le feu, idiot pour vouloir me remercier alors que c’est moi qui t’es poussé… Me remercié pour t’avoir sauvé ? … Je soupirai longuement, d’un côté inexplicable ça me contrariait de dire ça, mais j’avais ma fierté, mal placée certes, mais fierté tout de même. Je t’ai « sauvé » dans mon propre intérêt, voilà tout. La seule chose que je te demande est de ne pas clamser dans mon lit, je serais bien embêté.

J’avais donc une nouvelle impatiente dans la jambe, cette dernière bougeant toute seule, un certain stress montant en moi. Je ne savais pas si c’était les bon mots après tout… Enfin peut être qui décidera donc de partir de lui-même et je retrouverai une vie tranquille… Mais à y réfléchir cela ne m’enchantait qu’à moitié. Je devais me résigner au fait que je m’étais attaché un tant sois peu à ce morveux, grognant légèrement, je soupirai un grand coup avant de retirer les draps de sur lui d’un grand geste, rougissant légèrement en regard ses longues jambes dénudés à la blancheur tout aussi laiteuse que son torse, appelant ma main pour que je vienne la passer dessus dans une caresse aérienne, mais je secouai vivement la tête pour me chasser ces idées malsaines de la tête, ce n’était pas le moment :

- Bon tu peux te lever ou non autrement ? Tu as sûrement de la fièvre donc une douche froide serait le meilleur pour la faire descendre, j’ai aussi quelques herbes médicinales pour la faire passer que je peux te faire en infusion également…

A m’entendre on aurait dit une mère poule, non sérieusement, je n’avais pas envie que sa fièvre monte au risque que le coup de froid s’empire. Une chance que, passionné par l'avancée de la médecine, j'eusse deux trois trucs concernant cela. J’étais maintenant debout devant lui, le fixant, avec un léger sourire moqueur, voir… pervers :

- Mais si tu ne peux pas bouger, je me ferais une joie de m’occuper de ta toilette.

Bien sûr je plaisantais, mais s’il se trouvé qu’il soit trop faible pour bouger, il fallait bien que je m’occupe encore de lui, enfin… une serviette froide sur la tête ça devrait suffire non ? Je l’espérait, je n’étais pas une bonniche non plus pour lui faire sa toilette, je n’étais qu’une simple connaissance après tout… non c’était pour une autre raison que je ne voulais pas faire cela je le crains, car maintenant il était dans la demeure d’un démon, représentation des sept péchés capitaux, il avait déjà expérimenté la colère et l’orgueil, ce qui était beaucoup trop pour un gosse censés n’être qu’un inconnu vis-à-vis de moi. Décidément il à trop joué avec le feu et il risque de ce brûler encore plus…





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Shu Mikaze
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Sam 11 Mai - 14:40

Je restais là, caché sous la couverture, et je ne bougeais pas. Non, plutôt, je n’osais pas bouger, je n’osais rien faire du tout, ni rien dire. J’étais totalement honteux de la situation dans laquelle je me mettais, à rougir comme une tomate pour de simples détails qui étaient futiles, mais qui pour moi, m’étaient plutôt gênants. Oui, j’étais gêné de la situation dans laquelle je me trouvais, là, dans sa demeure, dans son lit … Que pouvait-il arriver de pire, je me le demandais bien ! Dans les situations les plus gênantes, je pense que celle-là arrivait en tête de liste, du moins, pour ma part. Si seulement je n’avais pas joué comme un idiot, à vouloir être supérieur à lui alors que c’était tout simplement impossible … Pourquoi a-t-il fallu que je sois si ignorant des conséquences que tout cela pouvait engendrer ? Raaaaah ! C’est pas bon tout ça, c’est pas bon ! Il fallait que je me remette les idées en place, et vite ! Ou alors, je me ferai avoir jusqu’au bout. Il fallait que je me ressaisisse le plus vite possible ! Mais je préférais quand même rester sous la couverture …

« - Effectivement tu es idiot, nul je ne pense pas, mais idiot oui. Idiot pour jouer avec le feu, idiot pour vouloir me remercier alors que c’est moi qui t’es poussé… Me remercié pour t’avoir sauvé ? … Je t’ai « sauvé » dans mon propre intérêt, voilà tout. La seule chose que je te demande est de ne pas clamser dans mon lit, je serais bien embêté. »

J’écoutais attentivement les mots sortant de la bouche de Sieghard, malgré la couverture qui camouflait certes un peu le son de sa voix. Alors … il ne m’avait sauvé pour une raison que j’avais pu me dire avant ? Une expression attristée se peignit sur mon visage, mais il ne pouvait la voir, cela m’arrangeait bien d’ailleurs. Je ne voulais pas qu’il voie que ce fait m’atteignait dans n’importe quel cas. J’avais déjà perdu une partie de ma fierté, ce n’était pas pour en perdre la totalité. Je voulais me ressaisir, oui ! Je n’allais pas me laisser faire comme ça, bien que je ne sois pas en position de force pour le moment … Je n’arrivais pas à bouger, du moins, j’avais du mal à le faire. Mes membres étaient presque tous engourdis par le froid glaciale qui régnait encore en moi. Me mettre sous la couverture me réchauffait un peu, mais pas totalement. C’est pourquoi je restais là-dessous, ainsi que pour la raison de mon rougissement soudain, qui ne s’était pas atténué d’ailleurs.

Mais ce ne fut qu’un moment qui ne dura pas éternellement. Sans que je ne voies arriver quoi que ce soit, et sans crier garde, Sieghard retira dans un grand mouvement la couverture qui se trouvait sur moi, me faisant écarquiller les yeux dans une expression de surprise. Moi qui pensais pouvoir rester caché tout le reste du temps … c’était raté. Le rougissement présent sur mes joues ne fit qu’augmenter, en voyant que le regard du blond se porta sur mes jambes nues, et rougissant également, il fit un mouvement de tête comme pour chasser une idée de son esprit. C’était mauvais tout ça, très mauvais … Qu’avait-il eu en tête en regardant mes jambes, hein … ? J’essayais de me chasser ces questions qui me faisaient rougir de plus bel, alors que Sieghard reprit la parole.

« - Bon tu peux te lever ou non autrement ? Tu as sûrement de la fièvre donc une douche froide serait le meilleur pour la faire descendre, j’ai aussi quelques herbes médicinales pour la faire passer que je peux te faire en infusion également… »

Etait-ce une attention particulière de sa part ou bien anodine ? Me lever, bien sûr que non je ne pouvais pas me lever, bouger était déjà assez difficile, alors me lever … je tomberais directement par terre si je le faisais. Et puis, je n’avais pas de fièvre ! Je ne me sentais pas fiévreux, mais il pensait peut-être cela à cause de mon rougissement … Mais ce n’était pas du tout à cause de la fièvre ou de la maladie. Certes, j’allais sûrement attraper un rhume, mais de la fièvre, je n’en avais pas. Donc la douche froide, très peu pour moi. J’avais déjà assez froid comme cela. D’ailleurs, je sentais mon corps trembler, je grelottais de froid. Mais je ne m’en rendais pas vraiment compte, mon regard étant porté sur Sieghard depuis qu’il m’avait ôté la couverture de sur moi. Un sourire que l’on pouvait qualifier de moqueur ou bien … légèrement pervers, se peignit sur son visage, tandis qu’il reprenait son discours de plus bel.

« - Mais si tu ne peux pas bouger, je me ferais une joie de m’occuper de ta toilette. »

Je restai sans voix devant cette réplique qui ne fit qu’augmenter mon rougissement. Je pensais que maintenant, je devais être rouge pivoine, voire rouge écarlate, et plus encore ! Je n’arrivais pas à savoir s’il plaisantait ou non, à vrai dire, je ne le connaissais pas plus que ça, je devais l’avouer … Ce n’était qu’une simple connaissance, mais je me retrouvais tout de même chez lui, dans son lit, presque nu devant lui. Et tout ça pour des idioties de ma part. Je ne pouvais en vouloir qu’à moi pour tout dire. Mais je devais me ressaisir … et vite ! Je ne disais aucuns mots, restant figé devant tout cela, détournant le regard de mon interlocuteur. Le regard qu’il portait sur moi m’était tellement insupportable, je veux dire, je n’arrivais pas à soutenir le mien contre le sien. J’étais bien trop gêné devant lui maintenant. J’avais perdu, tout simplement …

« - Je te remercie de m’avoir sauvé, oui, mais cela n’est en aucun cas idiot de ma part ! Parce que je sais que tu n’as pas voulu me pousser, la pierre était mouillée, j’ai tout simplement glissé ! Et puis si tu avais vraiment eu envie de me pousser, tu l’aurais fait d’un coup sec et sans crier garde, et tu n’aurais pas essayé de me rattraper ! Alors oui, je te remercie, et si tu ne veux pas de mes remerciements, et bien tant pis pour toi ! »

J’avais eu une soudaine poussée d’adrénaline en repensant à ce qu’il m’avait dit tout à l’heure. Je criais presque mes mots, essayant de ne pas verser de larmes à nouveau sous le coup de l’émotion. Il ne comprenait tout simplement rien du tout … mais absolument rien du tout. Je m’étais redressé en parlant, simple réflexe de ma part, pour finir assis dans le lit, regardant Sieghard avec un regard empli de reproches et d’une légère haine envers son incompréhension à la chose. Mes joues avaient légèrement dérougies, j’essayais de ma calmer peu à peu. Puis, dans un mouvement rapide et décidé, je retirai la couverture qu’avait enlevée Sieghard pour la remettre sur moi. J’avais horriblement froid, de plus, je n’avais qu’une simple chemise sur moi, ce qui n’arrangeait rien. Je me recroquevillai sur moi-même, me mettant sur le côté, tout en regardant le blond du coin de l’œil. S’il m’enlève la couverture de nouveau, je lui fais la peau … enfin, façon de parler. Puis, je me rappelai de la proposition de tout à l’heure, quant à la fièvre que je n’avais pas. Je répondis d’un ton légèrement sec, affichant une légère moue boudeuse sur mon visage.

« - Je te remercie pour ton aide et ton intention, mais je n’ai pas de fièvre, tu peux même vérifier si tu veux. J’ai tout simplement froid, atrocement froid plutôt. Donc je pense que la douche froide, c’est très peu pour moi, dis-je tout en le regardant. Puis, peignant un sourire quelque peu pervers, je repris avec une voix légèrement suave. Quel dommage, tu ne pourras pas faire ma toilette. ~ »

Rigolant légèrement, j’espérais qu’il prenne cette remarque à la légère, et non au sérieux. Mais ce n’était pas le plus grand de mes soucis pour le moment. Je n’arrivais pas à me réchauffer, malgré la couverture de nouveau sur moi. Je toussais alors de nouveau, oh ça, j’allais avoir un rhume dans pas longtemps, j’en étais sûr … Je cherchais un moyen de me réchauffer, mon regard se perdant devant moi. Puis, une idée me vint alors à l’esprit, et je regardai subitement Sieghard du coin de l’œil, comme tout à l’heure. J’hésitais à lui demander quelque chose, un rougissement reprenant place sur mes joues, me réchauffant désagréablement le visage. Puis, je pris mon courage à deux mains, et lui demandai, dans une expression gênée que j’essayais de contrôler face à lui.

« - Euh, dis … J’ai froid, et je me demandais, si tu voulais bien venir avec moi dans … le lit. Enfin, euh, parce que je n’arrive pas à me réchauffer, et que je pensais que … Si tu venais à côté de moi, je me réchaufferais … Enfin, c’est juste pour ça hein, ne pense pas à autre chose de … Mais si tu ne veux pas, c’est pas grave … »

J’étais tellement gêné que mon rougissement me montait à la tête, je n’en pouvais plus. Je détournais furtivement le regard pour qu’il se pose devant moi, ne regardant plus Sieghard pour le moment. Dans tous les cas, j’essayais de ne pas penser au froid que je ressentais, mais j’espérais qu’il vienne, juste là, à côté de moi. Non pas que je pensais à autre chose, hein ! Pas du tout, pas du tout … C’est ce que j’essayais de me faire croire, en tout cas.


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Sieghard Heiderich
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Lun 20 Mai - 0:24

Et voilà, j’avais réussi à le gêner, à lui faire perdre ses moyens ! Lâchant un petit rire sarcastique, je le regardais rougir jusqu’aux oreilles, néanmoins quelque peu attendrit. Dire qu’au début, c’est lui qui menait la dance de ce pied, pas moi, alors le déstabiliser pour si peu me réjouissais si l’on pouvait dire. Le voyant comme cela, presque figé par la honte, je me rassit, prêt à lui dire que ce n’était qu’une blague, qu’il ne fallait pas qu’il réagisse comme cela, mais il me coupa de court, prenant la parole avant moi :

- Je te remercie de m’avoir sauvé, oui, mais cela n’est en aucun cas idiot de ma part ! Parce que je sais que tu n’as pas voulu me pousser, la pierre était mouillée, j’ai tout simplement glissé ! Et puis si tu avais vraiment eu envie de me pousser, tu l’aurais fait d’un coup sec et sans crier garde, et tu n’aurais pas essayé de me rattraper ! Alors oui, je te remercie, et si tu ne veux pas de mes remerciements, et bien tant pis pour toi !

A-Ah ? … .. Il était revenu sur ce sujet ? Diantre… Lâchant un grand soupir et passant ma main dans mes cheveux rêches, j’eu envie de lui répondre, que oui je m’en fichais de ses remerciement, qu’il avait faux, pas sur tout la ligne, mais faux tout de même, je l’avais mis ridiculement en danger pour prendre du terrain sur lui en lui faisant peur, je l’avais sauvé car j’avais peur de moi-même, donc non je ne méritais pas ses remerciement. Relevant le menton, je plissai légèrement les sourcils de façon hautaine, prêt à lui dire que je ne voulais pas de ses remercîments. Cependant ce fût que quand j’osai lui adresser de nouveau un regard que mes mots se perdirent au fond de ma gorge face à cette expression. Autant que tout à l’heure il avait l’air faible, voir même… mignon… là c’était tout le contraire. Il était désormais assis dans le lit, me fixant avec rage, la respiration haletante et les larmes aux yeux… Décidément, je n’arriverai plus à comprendre les humains et leurs sautes d’humeurs… Mais le voir comme cela me serra le cœur tandis que lui il tira de nouveau la couverture vers lui, se blottissant dedans. Il se recoucha, me fixant d’un regard haineux du coin de l’œil, enroulé dans son cocon de chaleur. Puis son expression commença à s’adoucir dans un rictus boudeur, mais sa voix était toujours aussi… tranchante… :

- Je te remercie pour ton aide et ton intention, mais je n’ai pas de fièvre, tu peux même vérifier si tu veux. J’ai tout simplement froid, atrocement froid plutôt. Donc je pense que la douche froide, c’est très peu pour moi… Commença-t-il, avant de changer une nouvelle fois son expression, affichant un visage pervers. Quel dommage, tu ne pourras pas faire ma toilette. ~

Il lâcha un petit rire, taquin, alors que mes joues rosirent de nouveau… Grognant légèrement, et détournant le regard, je croisai les bras et me blottit dans mon fauteuil, soupirant, vexé qu’il essaye de me prendre à mon propre jeu. Puis c’est alors qu’une question me trotta dans la tête, s’il n’était pas fiévreux qu’était-ce ces rougissement intempestifs ? Bon il avait de quoi, il était dans le lit de quelqu’un d’autre, à moitié nu et il avait sans doute compris que c’était moi qui l’avait changé, mais tout de même ! On était entre hommes non ? … Enfin ça ne change rien je l’avoue, mais tout de même, pourquoi jouer les pucelles effarouchées ? Non sérieusement, sa nouvelle quinte de toux me prouvait qu’il se foutait royalement de ma gueule, il était tout simplement malade. Cependant s’il avait froid, la douche froide serait effectivement mal venue. Surtout quand je le voyais grelotter entre les couvertures. Puis il dénia retourner son regard vers moi, rougissant de nouveau sans que je comprenne pourquoi. Il semblait quelque peu mal à l’aise… et tout s’expliqua quand il ouvrit la bouche :

- Euh, dis … J’ai froid, et je me demandais, si tu voulais bien venir avec moi dans … le lit. Enfin, euh, parce que je n’arrive pas à me réchauffer, et que je pensais que … Si tu venais à côté de moi, je me réchaufferais … Enfin, c’est juste pour ça hein, ne pense pas à autre chose de … Mais si tu ne veux pas, c’est pas grave …

Heuuu… attend… Que venait-il de demander ? Comment voulait-il qu’on ne pense pas à autre chose avec une insinuation pareille ?! Je piquai soudainement un fard, la chaleur me montant aux joues alors que je détournai le regard vivement. Cet air suppliant qu’il abordait en rougissant avant de détourner le regard, comment y résister ? … Hé bien disons que je suis censé être un démon asocial et au cœur de pierre, donc, oui je suis censé l’ignorer et lui refuser sa requête. Mais une petite voix dans ma tête me criait que j’en avais envie, envie de me blottir dans les draps contre ce corps frêle et plein de vie. Un gifle mentale… une seconde… retire ce rougissement de tes joues, parfait, reste froid et calme Sieg, contrôle toi, je suis sûre qu’il ne pensait à rien de mal, il a juste froid… Puis punaise, tu ne risques pas d’attraper sa crève, par contre lui s’il a froid il risque d’attraper la mort, et vu que tu es un idiot tu n’as qu’une seule couette ! Donc maintenant prend tes responsabilités et pose ton cul sur ce lit !

Qu’est-ce qu’il me prenait ? Je commençais à me parler tout seul, non j’allais perdre totalement la boule à force de ressentir tellement de sentiments d’un coup alors que je n’en avais plus ressentit depuis plus d’un siècle ! Soupirant et respirant calmement, je retirai mes chaussures et m’assis sur le lit, le regardant du coin de l’œil, le rougissement sur mes joues ayant disparu. Me glissant pour la première fois depuis longtemps sous la couverture pour le rejoindre, je restai sans bouger, sur le dos, fixant le plafond, essayant de me vider l’esprit, puis je repensais à ses mots de tout à l’heure et à son expression détruite qu’il avait affichée, la bouche pâteuse, je m’ébrouai légèrement la voix :

- Tu penses que l’on doit continuer ce jeu débile ? Je veux dire, vouloir toujours être au dessus de l’autre… regarde où ça nous a mené… Voulant reprendre le contrôle de la situation, j’ai faillit attenter à ta vie, et ne voulant pas avoir cela sur la conscience, j’ai fait en sorte que tu ne crève pas lamentablement pour un jeu ridicule qui c’est instauré entre nous.

Lui tournant le dos, mon ton était grave, pas agressif, loin de là, mais dire la vérité sur notre relation me rendait mal. En ce moment j’avais plus envie m’éloigner de lui qu’autre chose… Cependant il fallait que je continus, pour notre bien à nous deux :

- A trop vouloir jouer avec le feu, tu t’es brûlé, mais la brûlure n’est pas très grave par rapport à ce qui pourrait arriver à force de trop vouloir me fréquenter. Car je pense que tu le sais tout aussi bien que moi, mais nous deux, on ne cessera sûrement jamais ce jeux idiot, on est bien trop fier. N’est-ce pas ?

Serrant les draps entre mes mains, je lâchai un long soupire à fendre l’âme alors que mon semblant ne cœur battait à une vitesse folle, pourquoi mes nerfs étaient-ils à fleur de pot alors qu’habituellement j’étais un bâtard insensible ? Non, la gorge nouée, il fallait tout de même que je lui dise une dernière chose… :

- Et je ne pense pas que j’arrive à te réchauffer, ma peau froide ne te fera qu’encore plus trembler…





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Shu Mikaze
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Mer 10 Juil - 14:31

Il ne va pas vouloir, il ne va pas vouloir … Je le sais je le sais, haha. Rien qu’au regard qu’il me lança quand je lui avouai ma requête, j’étais persuadé qu’il refuserait sans réfléchir. Après tout, il avait le droit, j’en étais conscient. Et d’ailleurs, j’y pense, qu’est-ce qui m’a pris de lui demander ça au juste ?! J’étais tellement honteux que je n’osais plus le regarder dans les yeux, je me contentais de regarder droit devant moi, l’observant tout de même quelques fois du coin de l’œil. Je scrutais la moindre de ses réactions, puis je remarquai que ses joues avaient quelque peu rougies. Il n’était tout de même pas si indifférent à ce que je venais de lui demander, ce qui me fit discrètement sourire. J’en oubliais même que j’avais froid. Je me mis à me demander, pourquoi tout cela ? Pourquoi toutes ses pensées ? Haha, je devais me l’avouer, une bonne fois pour toute ; cet homme m’intéressait, et encore, ce mot était … faible ? Je ne savais pas vraiment ce que je ressentais exactement, mais je n’étais pas aussi indifférent comme avec les autres personnes que j’avais pu croiser avant lui. Le destin jouait-il en ma faveur ? Je n’étais guère de cet avis, mais cette rencontre hasardeuse était tout de même un coup de chance. Si je n’étais pas passé là, à cet endroit et à ce moment, je ne l’aurais peut-être jamais rencontré. Et cette simple pensée m’attristait légèrement. Si ça avait été le cas, cette soirée n’aurait pas été aussi intéressante, je n’aurais jamais risqué la mort, et jamais je ne me serais réveillé dans le lit d’un autre. Quand j’y pensais, c’était plutôt une situation amusante, pareille à certaines que l’on pouvait trouver dans des livres. Des situations presque improbables. Et pourtant, ça nous était arrivé, à lui et moi, et ça continuait, pour le meilleur ou pour le pire.

J’avais sans le remarqué, fermé les yeux pour penser à tout cela plus sereinement, et je n’avais aucunement remarqué sa présence … Oui, sa présence, tout près de moi, à quelques centimètres. J’ouvris les yeux dans une expression de surprise en sentant des mouvements, puis je vis qu’il l’avait fait … Il avait cédé, il s’était mis avec moi dans le lit. Je n’y croyais pas, haha, non je devais rêver. Mais c’était bien la réalité. Je le regardai quelques instants, sans vraiment réagir. Oui, j’hésitais à faire ce que je voulais par-dessus tout, c’est-à-dire me blottir contre lui pour pouvoir me réchauffer. Et pour satisfaire une autre envie que je préférais ne pas penser. Je me contentais donc de ne pas bouger, l’observant, alors que lui, fixant le plafond, commença à parler.

« - Tu penses que l’on doit continuer ce jeu débile ? Je veux dire, vouloir toujours être au-dessus de l’autre… regarde où ça nous a mené… Voulant reprendre le contrôle de la situation, j’ai faillis attenter à ta vie, et ne voulant pas avoir cela sur la conscience, j’ai fait en sorte que tu ne crève pas lamentablement pour un jeu ridicule qui s’est instauré entre nous. »

Il ne tournait pas la tête, mais moi, je continuais de le scruter du regard, l’écoutant attentivement. Oui, il avait tout à fait raison, j’étais d’accord avec ce qu’il disait, mais seulement, je ne voulais pas me l’avouer complètement. Non, je ne voulais pas croire que tout cela n’était qu’un jeu stupide et sans importance, je voulais croire à autre chose. C’était purement égoïste de ma part, je le savais, mais … Cela ne me convenait pas. Oui, et je ne pouvais rien y faire. Et lui, quand pensait-il, je veux dire, qu’en pensait-il vraiment ? Ces paroles étaient vraies, mais j’étais sûr qu’il n’avait pas avoué ses véritables pensées à ce propos. Mais je préférais ne pas m’aventurer dans cela, car j’étais persuadé que cela ne mènerait à rien, strictement à rien.

Il me tourna ensuite le dos, ne bougeant toujours pas, je ne fis que le regarder faire, non pas sans une légère moue boudeuse sur mon visage, tandis qu’il continuait sur sa lancée.

« - A trop vouloir jouer avec le feu, tu t’es brûlé, mais la brûlure n’est pas très grave par rapport à ce qui pourrait arriver à force de trop vouloir me fréquenter. Car je pense que tu le sais tout aussi bien que moi, mais nous deux, on ne cessera sûrement jamais ce jeux idiot, on est bien trop fier. N’est-ce pas ? »

Oui, je suis bien trop fier, mais on se ressemble tellement Sieghard … Tu ne comprends pas que je souhaite plus te connaître ? Non, je pense que tu ne t’en rends pas compte, mais si j’ose t’en parler, qu’est-ce qui me dit que tu ne me rejetteras pas, comme les dernières fois ? J’ai bien trop de fierté pour oser te parler de cela, car je ne sais pas ce que tu penses et ressens de ton côté. C’est bien trop dangereux de s’aventurer dans cette partie du jeu. Mais j’aimerai tellement savoir, oui. Mais j’ai également peur d’entendre le contraire de ce que je souhaite. Je resterai donc muet sur ce fait, jusqu’au moment où je jugerais qu’il est temps de mettre les choses au clair.

« - Et je ne pense pas que j’arrive à te réchauffer, ma peau froide ne te fera qu’encore plus trembler… »

J’écarquillai légèrement les yeux à ces mots, me redressant légèrement pour pouvoir l’observer. Comment ça, que voulait-il dire au juste ? Une personne dégage naturellement de la chaleur, que sa peau soit froide ou non. Je ne comprenais pas vraiment, alors je m’empressai de lui demander la signification ce cette phrase qui me troublait un instant.

« - Quoi ? Que veux-tu dire par-là ? » lui lançai-je alors que je me redressais un peu plus, me rapprochant imperceptiblement de lui. Oserais-je m’approcher encore plus de lui, au risque de me faire rejeter ? Chose que je pensais possible à 99%. Oui, mais j’avais encore et toujours cette envie de me coller à lui, de me blottir contre lui … Haha, j’étais bien inconscient.

« - C’est vrai que c’est un jeu des plus stupides, on veut tous les deux montrer notre fierté, et ça à n’importe quel prix. Jamais je n’étais allé aussi loin avec quelqu’un dans ce jeu, oui. Mais seulement … Je ne veux plus jouer Sieghard. »

J’attendis quelques instants, je me répétais mes paroles dans ma tête plusieurs fois, car oui, je ne voulais plus jouer, maintenant, je voulais en apprendre plus sur cette personne à mes côtés. Je ne sais pas s’il sera d’accord. Doucement, je me rapprochais de lui, l’observant un instant avant de me coller contre lui, reprenant conscience du froid qui me faisait grelotter et trembler. Passant doucement mes bras autour de lui, je me serrai légèrement contre lui, ma tête se logeant instinctivement contre sa nuque. Je rougissais légèrement, avant d’humer discrètement son parfum, ce qui me fit légèrement sourire. Tout ce que j’espérais, c’est qu’il ne me rejette pas. Je me sentais tellement bien comme ça, j’aimerai que ce moment dure une éternité.

« - Oui, je ne veux plus jouer Sieghard, je veux juste te connaître un peu plus, et ça même avec tes mises en gardes. Et puis, tu as sûrement des questions à me poser, je me trompe ? »

Laissant passer quelques secondes, ne bougeant plus désormais, je restais contre lui, continuant à respirer son odeur, alors que je lançai mes derniers mots d’un ton suppliant que je ne cachais pas.

« - Mais s’il te plaît, ne me rejette pas … »


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Sieghard Heiderich
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Jeu 11 Juil - 2:58

J’eu un léger sourire, toujours dos à lui, je sentis néanmoins qu’il était surpris par mon aveux. Son regard était braqué sur moi, il me jugeait, se demandant sûrement si je n’étais pas dingue. En effet, quel corps humainement composé produirait non pas de la chaleur mais de la fraicheur ? Mon sourire, était quelque peu emprunt de tristesse. Il ne pouvait me comprendre, on était bien trop différent, et un être comme moi n’était pas destiné à fréquenter ce qui était censé être sa nourriture. Cependant, ça question me serra légèrement la poitrine, prouvant l’écart qu’il y avait entre nous :

- Quoi ? Que veux-tu dire par-là ? S’exclama-t-il, perdu.

Cela ce voyait qu’il ne comprenait pas l’Allemand, autrement il aurait compris et aurait posé d’autres questions… Ce que je voulais dire ? Oh, presque rien, juste que j’étais un démon, bêtes aux instincts sanguinaires se retenant de lui sauter dessus pour dévorer son âme, apportant juste malheur et désolation, diable égoïste qui aurait souhaité pouvoir rester à ses côté, diable suicidaire qui est obligé à vivre et à avancer aussi longtemps que la terre continuera à tourner et que les enfer continuerons à brûler… Voilà comment l’on pouvait résumer ma vie, où plutôt, ma mort. Ca me coutait de dire cela, mais je suis un démon, je n’y pouvais rien, bien que je m’efforçais à vivre comme ces vulgaires humains, bête emprunte d’hypocrisie, me rendant compte au combien le monde était pourrit et assistant à sa dégradation au fils des siècles. On était bien trop différents… Je ne pouvais lui apporter réponse à sa question…

- C’est vrai que c’est un jeu des plus stupides, on veut tous les deux montrer notre fierté, et ça à n’importe quel prix. Jamais je n’étais allé aussi loin avec quelqu’un dans ce jeu, oui. Mais seulement … Je ne veux plus jouer Sieghard. Murmura-t-il, d’un voix basse, presque intime.

Je l’écoutai attentivement, cela était pareil pour moi, jamais quelqu’un avait été aussi loin dans ce jeu malsain avec moi. Il fallait arrêter, et on le savait nous deux, mais devait-on réellement le faire ? Arrêté de ce cacher derrière ce mur, affronter la triste vérité et sûrement en sortir plus blessé que nous somme ? Que devait-on faire ? Moi-même je n’avais pas la réponse… Mais il fallait sûrement arrêter ce jeu, il nous avait menés bien trop loin et jamais l’un de nous deux aura le dessus sur l’autre, c’est donc inutile de persévérer… Je pense que pour savoir comment conclure ceci était d’arriver à nous placer dans le contexte… prendre conscience de ce qui nous arrivait… mais si je n’arrivais pas à le placer, à savoir ce qu’il représentait pour moi, ceci était juste impossible. « Je ne le hais pas », c’est tout ce que je pouvais dire. Il m’intéresse certes, mais mon expérience des relations était trop peu évoluée pour pouvoir en dire plus. Pourquoi donc te sentir te coller contre moi faisait battre mon faux-cœur plus vite ? Pourquoi te sentir si faible et ressentir chacun de tes tremblements me serré la poitrine et pourquoi donc avais-je qu’une seule envie, te serrer plus fortement contre moi quand je sentis ta respiration et tes cheveux chatouiller mon cou. Le jeu commençait à déraper, je le savais. J’aimerai arrêter de jouer Shu, mais comment … ? Toi seul pouvais m’apporter la réponse. Et tu m’apportas la triste vérité par cette phrase :

- Oui, je ne veux plus jouer Sieghard, je veux juste te connaître un peu plus, et ça même avec tes mises en gardes. Et puis, tu as sûrement des questions à me poser, je me trompe ?

En un instant je me gelai. J’avais l’impression de suffoquer et ma gorges se serré sous le coup de l’émotion… Etait-il prêt à vouloir aller plus loin, savoir la bête que j’étais à ses risques et périls ? Je ne pouvais lui faire cela, je ne voulais le faire souffrir… Non, il était juste insouciant et ne savait ce qu’il pouvait encourir. Ma poitrine me faisait mal, je serrais les dents, je ne pouvais lui avouer la vérité, je devais simplement jouer au bâtard froid et distant, pour l’éloigner de moi, misérable peste. De ce que j’ai compris il avait déjà souffert, mais il a réussit à surmonter cela, ne cherchant que la vengeance, ce qui d’un côté faisait de lui une bonne personne, ne se cachant point derrière l’ignorance et la haine, il cherchait à aller droit au but, à assumer le désire qui le ronge. Il était un peu chiant et collant sur les bords, trop innocent, mais il était bon, pas comme c’est autres cons qui pullulaient dans les rues, se cachant derrière un masque, tout comme moi. Je ne voulais pas détruire cela, parce que tout ce que je touche tombe en morceau, ceci est mon fléau et je devais le garder pour moi. C’était dur… Inspirant un grand cou, j’essayais de reprendre contenance et reconstituer mon masque d’albâtre, je devais t’éloigner de moi, pour ton bien… Je pensais en être résolu, mais tout ça tomba vite en morceau :

-  Mais s’il te plaît, ne me rejette pas …

Si je le pouvais, je pense que les larmes auraient roulées depuis bien longtemps sur mes joues, mais malgré l’émotion transperçante, mes yeux restaient secs. Je n’avais pas envie de le rejeter ! Mon corps et mon âme noire pervertie par le mal me criait simplement de me rapprocher de lui, de le souiller de ma présence. Je ne voulais pas être la vipère qui teinté de tâches obscures les ailes blanches de l’ange, mais en ce moment, je ne pouvais que mon comparer à cela. Me recroquevillant sur moi-même, je me dégoutais, je me dégoutais d’exister encore et encore après ma mort qui aurait du m’éliminer de ce monde. Je culpabilisais… et un rire amer sortit de ma bouche alors que je pris ses mains entre les miennes, les serrant un peu plus contre moi, le suppliant de rester. Mais je lui tournais le dos, jamais je ne pourrais affronter son regard, j’avais peur de lire son expression face à mon visage ravagé… il se serait posé encore plus de question… Il croit que c’est simple, mais ce « simple » vœux est pour le moment le choix le plus dur de ma longue existence, l’ultimatum auquel je n’avais pas envie de répondre. Je restais donc un long moment silencieux, tiraillé entre l’envie de la raison… pourquoi diable étions-nous si différent… pourquoi le destin avez-du le placer sur ma route… il y avait bien une raison… et je me plaisais à l’imaginer, peut-être était-il la personne qui briserait ma solitude ? Non c’était trop égoïste de penser cela. On verra bien ce qu’il adviendra, si le destin c’était mêlé il nous placerait à coup sûr sur la bonne route… Mais j’avais l’impression que nous deux on se plaisait à prendre les chemins sinueux… Me calmant un peu, je m’ébrouai la voix… autant être honnête, sans trop en dire, s’il devait apprendre certaines chose, il les apprendrait en temps venu, pour tout et malgré tout :

- Shu… pour dire vrai et crois moi que ça me coûte de te l’avouer, je n’ai aucune envie de te lâcher…

Essayant de calmer ma respiration qui s’accélérait sous le stress, stress né par la peur d’en dire trop, la peur de sa réaction, la peur de tout briser, de ne pouvoir recoller les morceaux… la peur d’être à nouveau seul… Mon âme me crie qu’elle n’arrive plus à porter ce lourd masque, et mon cœur se sent bien trop oppresser par cette couche de pierre que je lui avais administrée. Comment briser la barrière entre nous, si on doit la briser… Tu sembles si près et pourtant tu es réellement loin… Je pense que ça nous détruit, on ce détruit…

- J’ai effectivement des questions à te poser, énormément même… mais comment pourrais-je te les poser si je n’arrive même pas à t’avouer ce que tu cherches à savoir sur moi ? Car le problème est là Shu… Notre être repose sur deux questions existentielles, qui sommes nous et que sommes nous… Moi… je sais ce que tu es… mais toi tu ignores tout simplement qui je suis et ce que je suis… Tu veux courir des risques, sans connaître leurs gravités, pour le savoir… mais je pense que ces derniers sont bien trop grands pour seulement vouloir me connaître un peu plus… Je ne pense pas qu’il est donc de mon devoir de te le dire… de te l’avouer… je dois porter seul ce fardeau. Mais si tu réfléchis un peu plus sur mon sujet, je pense que tu peux être mis sur la voix. Pour le moment, je n’ai simplement pas besoin de savoir qui tu es pour n’avoir qu’une seule envie, te serrer contre mon être glacial à la peau froide… je veux ressentir ta chaleur et ta vie Shu… Mais quand le petit matin sera fini, quand tu seras rétablit, je serais obligé de ne plus en profiter. Non pas qu’un charme se rompt, où une autre connerie du genre à la Cendrillon, mais si l’on reste proche plus longtemps, on ne fera que ce détruire par des non-dits et des secrets où autres choses inavouables car on est et on reste que de simples étrangers l’un pour l’autre…

C’était une longue tirade, et je ne m’arrêtais pas pour lui laisser la parole, j’avais peur de lui laisser la parole, j’avais peur qu’il s’éloigne, je n’avais pas envie qu’il s’éloigne, tout ce que je voulais était de le serrer contre moi, et c’est ce que je fis. Me tournant lentement dans ses bras, je le serra à mon tour contre moi, passant sa mains dans ses cheveux désormais détachés, profitant de leurs douceur, collant sa tête contre ma clavicule, passant ma main libre sur le bas de ses reins. Collant simplement ce corps emplis de vie contre mon corps mort, deux opposés s’attirant inexorablement. J’appréciais tellement ce doux contacte, je ne voulais pas qu’il se brise, je le serrais alors un peu plus contre moi dans une prise raide, de peur qu’il s’en aille. J’avais craqué, je ne pouvais plus répondre de rien, je cédais à mes envies les plus égoïstes… :

- En parlant de charme… Quand tu seras rétablit, je briserai le "charme" et redeviendrai la bâtard que tu as toujours connu… C’est pour le mieux, pour nous deux…

Je laissa un long moment sous le silence, le serrant un peu plus contre moi, enfouissant mon visage dans ses cheveux, mêlant lentement mes jambes aux-siennes :

- Désolée d’être si faible… Avouais-je la gorge serrée. Mon masque de fierté était tombé en miette…

Mais je m’en fichais, j’étais tellement bien ainsi, respirant sa douce odeurs aux effluves musquée mais néanmoins sucrés. C’était l’une des seule fois dans ma vie que j’avais souhaité du plus profond de mon être que le temps s’arrête. Mais ce dernier continuait à défiler, nous narguant et nous ramenant à la triste réalité… plus il défile, plus on se détruit… nous ne pouvons rester ainsi…





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Shu Mikaze
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Jeu 11 Juil - 16:03

Que faire, que penser de tout ça ? De tout ce qu’il s’est passé, ce qu’il se passe en ce moment même, et de ce qu’il se passera par la suite. Il y avait trop de questions, questions qui ne pouvaient que rester sans réponses, pour le bien de nous deux. Je voulais tellement que ce jeu s’arrête, mais si le cas survient, quelles seront les conséquences ? Je ne pouvais que les ignorer, je ne voulais pas non plus me les imaginer, car je savais que ça pouvait me faire du mal. Nous faire du mal. Mais cette situation était si … complexe, que les décisions ne pouvaient qu’être difficiles à prendre. Si j’en prenais une seul, il se pouvait qu’elle ne convienne pas à Sieghard, et vice-versa. C’était mauvais tout ça, très mauvais. De plus, je ne savais pas ce qu’il pensait de tout ça, lui. Et comment pouvais-je le savoir ? Je n’oserai jamais le lui demander. Je préfère rester muet à tout cela, et faire comme si ce n’était qu’un vague problème. Problème qui prenait de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure que l’on restait ensemble. Les incertitudes et les doutes se multipliaient, les pensées ainsi que les questions. Et ça, pour chacun de nous deux.

Mais je ne pouvais que m’avouer, maintenant, que je me sentais fortement bien. Oui, je souhaitais plus que tout que la Terre s’arrête de tourner, et que nous restions là, tous les deux. Le sentir contre moi me procurait une aisance indescriptible, et quand bien même il était dos à moi, cela m’était presque égal. La seule chose, c’est que je ne pouvais pas le regarder. Oui, observer son visage dont j’appréciais beaucoup les traits, ce visage presque tout le temps inexpressif jusqu’à présent. Je voulais également plonger mon regard dans le sien, comme nous le faisions avant que tout cela arrive. Oui, j’avais en vain essayé de lire une quelconque émotion dans ses yeux. Et maintenant, y arriverai-je ? Je ne pouvais le savoir, j’espérais que oui, mais pour le moment, je profitais de la proximité qu’avaient gagnés nos deux corps. Mon cœur commença alors à battre de plus en vite, lorsque je sentis ses mains sur les miennes, qu’il serrait contre lui. Je restai muet à ce geste, préférant savourer ce moment que jamais je n’avais pensé possible. Et de là, il commença à parler.

« - Shu… pour dire vrai et crois-moi que ça me coûte de te l’avouer, je n’ai aucune envie de te lâcher… »

Surprise ces mots furent, alors que les battements de mon cœur ne cessaient d’augmenter. Jamais je n’aurais pensé que ces mots puissent sortir de sa bouche, c’était trop beau pour être vrai … Mais c’était sans compter sur les dires qui suivaient.

« - J’ai effectivement des questions à te poser, énormément même… mais comment pourrais-je te les poser si je n’arrive même pas à t’avouer ce que tu cherches à savoir sur moi ? Car le problème est là Shu… Notre être repose sur deux questions existentielles, qui sommes-nous et que sommes-nous… Moi… je sais ce que tu es… mais toi tu ignores tout simplement qui je suis et ce que je suis… Tu veux courir des risques, sans connaître leurs gravités, pour le savoir… mais je pense que ces derniers sont bien trop grands pour seulement vouloir me connaître un peu plus… Je ne pense pas qu’il est donc de mon devoir de te le dire… de te l’avouer… je dois porter seul ce fardeau. Mais si tu réfléchis un peu plus sur mon sujet, je pense que tu peux être mis sur la voix. Pour le moment, je n’ai simplement pas besoin de savoir qui tu es pour n’avoir qu’une seule envie, te serrer contre mon être glacial à la peau froide… je veux ressentir ta chaleur et ta vie Shu… Mais quand le petit matin sera fini, quand tu seras rétablit, je serais obligé de ne plus en profiter. Non pas qu’un charme se rompt, où une autre connerie du genre à la Cendrillon, mais si l’on reste proche plus longtemps, on ne fera que ce détruire par des non-dits et des secrets où autres choses inavouables car on est et on reste que de simples étrangers l’un pour l’autre… »

Cette longue tirade me laissa sans voix, alors que j’analysais tout ce qu’il venait de dire. Je ne savais pas quoi en penser, tout ce que je savais, c’est que tout cela m’attristait. Car oui, je ne voulais pas le quitter. Je voulais rester là, je me sentais bien auprès de lui. Alors pourquoi partir ? Je savais que les conséquences seraient telles. Mais le destin, si c’est lui qui nous a mené à nous rencontrer, oui ce destin-là, est bien cruel. Il y avait peut-être d’autres … possibilités à cette histoire ? Je ne pouvais qu’afficher un visage ravagé par la tristesse et la désolation pour le moment. Et puis, je ne comprenais pas, tout se mélangeait dans ma tête. Comment ça, j’ignorais qu’est-ce qu’il était ? N’était-il donc pas … humain ?

Je ne répondais rien, je restais tout simplement muet. Je n’avais pas envie de répondre à tout cela pour l’instant, cela nous ferait encore plus de mal. Je ne savais pas ce qu’il ressentait à mon propos, mais je savais d’après ses dires, qu’il n’était pas indifférent, tout comme moi pour lui. Où cela nous mènera-t-il à la fin ?! Je commençais à m’énerver tout seul, alors que je sentis des mouvements de la part de Sieghard. Il se retourna, avant de m’enlacer à son tour, me serrant contre lui. Je n’eus pas le temps de réagir quant à tout cela, alors qu’il me collait tout contre lui, commençant à me caresser les cheveux ainsi que le bas de mes reins. Ces gestes étaient tout de même doux et tendres, ce qui me fit légèrement rougir à nouveau, alors que je sentais que mon cœur ne restait pas indifférent à tout cela. Dans un geste instinctif, je le serrais également un peu plus contre moi, humant toujours son odeur que j’appréciais. Puis, il continua dans sa lancée, après quelques instants de silence, silence qui était même agréable.

« - En parlant de charme… Quand tu seras rétablit, je briserai le "charme" et redeviendrai la bâtard que tu as toujours connu… C’est pour le mieux, pour nous deux… »

Non, pourquoi disait-il cela ? Je ne voulais pas, tu n’es pas obligé de faire ça Sieghard. Ne sommes-nous pas bien comme cela, l’un contre l’autre ? Et après, quand j’irai mieux, vas-tu m’ignorer et faire comme si rien ne s’était passé ? Non, ce n’est pas la meilleure chose à faire. Cette décision n’est qu’un fardeau de plus, pour ma part. Je ne veux pas que ça se termine comme ça, et je pense que toi non plus, tu ne veux pas.

« - Désolé d’être si faible… »

Tu n’es pas faible, tu es juste ravagé par des émotions bien trop fortes, ou même par trop de doutes et de confusion. Je suis dans le même cas. Je ne sais pas du tout quoi penser de tout ça. Que faire, que dire, que penser ? Voilà les questions qu’il fallait se poser.

Il ne disait maintenant plus rien, et je pouvais sentir ses jambes mêlées aux miennes. Je n’osais pas le regarder ni même parler, avant d’avoir bien réfléchis à tout cela. Mais j’étais tellement « heureux » qu’il ne m’ait pas rejeté, et qu’il m’ait pris dans ses bras. Je commençais alors sans vraiment en avoir conscience, à lui caresser tendrement le dos, tremblant toujours depuis tout à l’heure. Je ne savais pas pourquoi, mais je me sentais comme en sécurité dans ses bras. La tête contre lui, je n’osais pas lever la tête ou le regard, alors je commençais à parler avec un timbre de voix tremblant, n’étant pas vraiment sûr que ce que j’allais dire convienne.

« - Ne dis pas ça, tu n’es pas faible. C’est juste que tout cela nous dépasse complètement, que ce soit pour toi ou pour moi. Sincèrement, je ne pense pas que s’éloigner soit la meilleure des choses, ne penses-tu pas que ça nous ferait encore plus de mal ? Je ne veux pas m’éloigner de toi, je veux rester avec toi et plus te connaître, je veux savoir exactement qui tu es et ce que tu es, même si j’ignore des choses importantes et fondamentales à ton propos, si j’ai bien compris. Tu veux vraiment que ça se finisse comme ça ? Tu veux vraiment que nos chemins se séparent, et faire comme si rien ne s’était passé ? Je me sens tellement bien contre toi, dans tes bras, je ne veux pas que ça s’arrête comme ça … Je suis sûr que tu sais ce que je veux dire. Alors il y a d’autres possibilités à cette issue. Il faut juste prendre conscience de chacun. »

Les larmes coulèrent alors sur mes joues sans que je puisse faire quoi que ce soit, espérant qu’il comprenne tout ça. Je ne voulais pas être loin de lui, je voulais être le plus proche de lui possible. Je voulais rester avec lui. Mais lui, le voudra-t-il ? Lentement, je levais la tête pour la poser tout près de la sienne, plongeant mon regard dans le sien. Je n’avais jamais vu son visage si expressif, alors que je passais tendrement ma main sur sa joue, la caressant. Je pouvais sentir son souffle parcourir la peau de mon visage, alors que les larmes ne cessaient guère de rouler sur mes joues.

« - Je veux rester avec toi. Je veux tout savoir de toi, même si je pense que tout savoir n’est pas possible. Mais au moins l’essentiel. Je ne veux pas être loin de toi. Laisse-moi une chance, je suis au courant que je risque quelque chose, et j’en suis conscient. Mais … ne m’abandonne pas Sieghard … »

Ce fut les derniers mots que je prononçais avant de laisser place au silence entre nous. Ne cessant de le regarder, je me rapprochais encore un peu plus de lui, nos visages étant à quelques centimètres l’un de l’autre. Une fin comme cela ne devait pas avoir lieu … Non.


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Sieghard Heiderich
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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Ven 12 Juil - 4:00

Ma prise commença alors à se radoucir, constatant avec un certain soulagement qu’il n’essayait nullement de s’en dépêtre. Je ne cachai point un sourire en sentant sa main parcourir lentement mon dos, cependant ce fût soucieux que je constatai qu’il frissonnait toujours, sûrement par le froid, après tout, je ne pouvais effectivement lui apporter la chaleur dont il avait besoin… je ne pouvais rien lui apporter, pourtant j’avais l’impression qu’il était convaincu du contraire. Et effectivement mes doutes furent concrétisés car il commença à parler, la voix chevrotante sous ses tremblements :

- Ne dis pas ça, tu n’es pas faible. C’est juste que tout cela nous dépasse complètement, que ce soit pour toi ou pour moi. Commença-t-il, sa voix était toujours aussi faible, mais je l’écoutais d’une oreille attentive.

Si j’étais faible, tout cela n’aurait pas du me dépasser, je m’étais décidé à ne plus rien ressentir, je m’étais promis à ne plus m’attacher aux choses, mais j’ai cédé. Je suis bel et bien définitivement faible. Cependant je ne pu lui répondre, il continua alors son monologue.

- Sincèrement, je ne pense pas que s’éloigner soit la meilleure des choses, ne penses-tu pas que ça nous ferait encore plus de mal ?

Ca nous fera du mal, mais sûrement sur un moins long terme, le temps est perfide, l’on s’oubliera rapidement et facilement et bientôt toute cette histoire serait de une histoire ancienne sur laquelle tu riras en passant devant la Tamise, te rappelant de nous et au combien tout cela était idiot et dangereux. N’est-ce pas ? C’est ce que je me plaisais à croire. Cependant mes pensées furent coupées courts alors que je sortais une nouvelle fois de ma torpeur pour t’écouter :

- Je ne veux pas m’éloigner de toi, je veux rester avec toi et plus te connaître, je veux savoir exactement qui tu es et ce que tu es, même si j’ignore des choses importantes et fondamentales à ton propos, si j’ai bien compris.

Oui tu as bien compris, ou plutôt non… si tu avais compris, tu en serais resté l’à, tu te serais détaché de moi, tu aurais vite renoncé à mes bras bien trop serrés sur ton être frêle, telle des crocs se refermant peu à peu sur sa proies. Non, tu ignores bien trop de chose de moi, tu fonces tête baissées, comme à ta détestable attitude tu parles surement avant de réfléchir… si tu savais… Un rire légèrement amer et torturé sortit d’entre mes dents serrées alors que tu continuais sur ta lancée :

- Tu veux vraiment que ça se finisse comme ça ? Tu veux vraiment que nos chemins se séparent, et faire comme si rien ne s’était passé ?

Non, je n’en ai strictement aucune envie, mais j’en reste intimement convaincu, c’est pour le mieux… Et s’il le faut, je te le prouverai, si c’est la seule chose à faire pour éviter qu’on se retrouve encore plus torturés.

- Je me sens tellement bien contre toi, dans tes bras, je ne veux pas que ça s’arrête comme ça … Je suis sûr que tu sais ce que je veux dire. Alors il y a d’autres possibilités à cette issue. Il faut juste prendre conscience de chacun.

Malheureusement, l’on doit trouver notre bonheur dans notre malheur, je ne veux pas vivre alors que je suis simplement obligé de survivre. Je ne veux pas goûter une fois de plus à ce fruit défendu, en devenant dépendant jusqu’à ce que je le perde dans la pourriture. J’aimerais tellement te crier que je veux rester avec toi, à me perdre dans ce bonheur éphémère. Je souhaiterais tout de dire, tout t’avouer, croyant vainement que cela nous permettrait d’être ensemble. Mais je sais que dans tous les cas je te perdrais, alors autant le faire tout en te protégeant des ténèbres qui me rongent…

Te protéger…

J’en étais de moins en moins sûr…

Je me sentais malade à sentir cette eau salée perler sur tes joues…Mais dévasté à les voir couler. Ton visage d’ange n’était pas fait pour avoir cette expression laide. Laideur que moi-même j’avais créée, reflétant tout simplement l’apparence de mon âme. M’y prenais-je donc de la mauvaise manière ? Te faisais-je autant souffrir en croyant que c’était le mieux pour toi ? Je ne savais comment avancer, on ne pouvait reculer. Reprendre de zéro, faire comme si ont été de simples connaissances qui se salut quand elles se croisent dans la rue, je doute qu’on y arrivera. Rien que d’y penser je trouvais ça ridicule, on était plus que des connaissances, mais moins que des inconnus… Soucieux et tourmenté, je ne cherchais rien qu’une seule réponse pour effacer cette expression qui ne te sied guère et qui faisait que me rendre encore plus brisé que je ne l’étais déjà. Sentant alors ta main sur ma joue, mon faux-cœur rata subitement un battement, ou deux. Tu ne devais pas te soucier de moi mais de toi, je n’étais pas important, je n’étais rien, mon visage n’était rien, mon ressentit n’était rien, ne te soucie pas de rien Shu. Etais-je réellement quelque chose à tes yeux ?

- Je veux rester avec toi. Je veux tout savoir de toi, même si je pense que tout savoir n’est pas possible. Mais au moins l’essentiel. Je ne veux pas être loin de toi. Laisse-moi une chance, je suis au courant que je risque quelque chose, et j’en suis conscient. Mais … ne m’abandonne pas Sieghard …

Je le fixais toujours, mes yeux froids arrivaient-ils à exprimer ce que mon être tourmenté ressentait ? J’en doutais, tant d’émotions passées en ce moment en moi. La joie de vouloir te croire que tu serais capable d’accepter n’importe quoi pour moi, le soulagement, l’inquiétude, la tristesse, l’envie, l’indécision, la peur, la peur et la peur…

Je ne veux pas te perdre, je ne veux pas t’abandonner, je ne veux plus souffrir, je ne veux pas te faire souffrir, je ne veux plus réfléchir, je veux vivre comme je n’ai jamais pu. Mais il serait égoïste de profiter de ta vie, de t’arracher un bout pour moi-même si toi tu le souhaité. Mais pourquoi devais-je me compliquer la vie ? Pourquoi devais-je culpabiliser ? Tout était si simple pourtant ! Pourquoi nager à contre courant essayant d’éviter l’inévitable ? Adviendra ce qu’il adviendra. Après tout, que pouvais-t-on perdre… beaucoup de chose, mais pas plus ou pas moins que si on choisissait la voie rapide ou le chemin sinueux.

Résolu… j’eu cependant un léger mouvement de recul quand son visage s’approcha encore plus du miens… Me faisant serrer les dents, j’avais peur et me retrouvais devant ce que j’exécrai le plus, ma véritable nature… peut-être comprendrait-il mes peurs… Je ne voulais pas qu’il prenne ce geste comme un refus, ça nous blesserai trop tout deux, il fallait simplement qu’ils comprennent que les portes de l’âme n’étaient pas les yeux qui ne font que refléter celle-ci, mais les lèvres, douces et exquises tentatrices qui m’appelaient, moi démon, pour retirer âme et vie d’un doux corps. Soupirant, de nouveau vaincu, je posai doucement mon index sur ses lèvres, lui faisant comprendre que ce n’était pas ce qu’il devait sûrement penser. Me redressant de la couche, quittant à contre cœur ses bras, je le savais, j’en étais convaincu, c’étais la dernière fois que j’étais aussi proche de lui, je me permis donc de passer une dernière fois ma main dans ses cheveux soyeux pour ensuite le fixer, l’air grave et résolu :

- Bien… tu jugeras donc par toi-même de la gravité des conséquences… Mais je ne te dirais rien, expliquer l’inexplicable ne servirait à rien. Paradoxe ridicule qui m’oblige donc à te montrer qu’il n’aurait jamais fallut vouloir rester avec moi…

Mes mots, me faisait rire, rire jaune, ma carapace se fendait, me laissant à fleur de pot, alors que j’espérais son regard attentif, mais pas trop afin qu’il ne remarque pas mes tremblements. Me levant entièrement du lit, posant doucement mes pieds sur le sol, faisant craquer le parquet sous mon poids. Allumant les bougies pour chasser les ombres environnantes, je balayai la salle du regard, ce dernier se posant sur le mur en face de moi. Un petit sourire, quelque peu triste, naquit sur mes lèvres alors que je m’approchais de ce dernier ou étaient posée plusieurs armes, armes traversant les siècles. Mon dévolu se jeta sur un simple revolver datant de l’époque actuel, prouesse d’avancée technologique. Je savais ce dernier déjà chargé. Le prenant alors doucement entre mes mains, je le pointai vers lui, non pas pour tirer, mais pour simplement lui montrer. Le rabattant contre moi, je m’assis au bout du lit. Que devais-je viser ? La tête ? La gorge ? La poitrine ? L’estomac ? Non tout ceci était de trop pour mon pauvre spectateur, la main serait suffisante. Lui souriant doucement, essayant de le rassurer d’une certaine façon, où plutôt essayant de faire en sorte qu’il n’intervienne pas, je lui lâchais alors ces mots :

- Ne me prend pas pour un fou où quoi que ce soit d’autre s’il te plait, tu te tromperas, attend et regarde, c’est tout ce que je te demande.

Je ne savais pas pourquoi j’avais dit ça, mais je me sentais juste dans le besoin de dire quelque chose et c’était la première chose qui m’était venue à l’esprit. Diantre… tendant la main à son opposé, la laissant à sa vue, j’armais le chien du revolver puis approchait ce dernier à bout portant de mon membre… et tira. Le coup résonna, faisant siffler les oreilles, la poudre gicla sur le visage, en même temps que chair et sang de mon pauvre corps exact copie de celui de l’homme. La balle avait traversée la main et c’était logée dans le mur d’en face, laissant un trou béant dans la peau, le sang coulant en quantité tout au long du bras, entachant la chemise. Mais mon regard ne changea pas, mon expression ne changea pas, la douleur ne le crispait pas, je ne ressentais plus la douleur depuis longtemps. Tendant le bras vers lui, montrant la blessure à ses yeux, le fixant d’un air impassible, j’attendis, pas longtemps certes, puisque les nerfs, la chaire et la peau commençaient peu à peu à se reconstitue, alors qu’il ne restait qu’une cicatrice rosée, je posai ma main sur sa poitrine, lâchant l’arme au sol avec un rire dément.

- Hideux n’est-ce pas ? L’impossibilité de se blesser, l’impossibilité de souffrir, l’impossibilité de mourir tout simplement. Ca doit te paraître fou, impossible, pas normal. Mais c’est la triste vérité, je ne suis qu’un être voué à ne pas ressentir la douleur physique au détriment de souffrir deux fois plus psychologiquement. Je suis terrifiant, je suis dégoutant, je me dégoute moi-même, si tu as peur de moi, je le comprendrais, même, si tu n’as pas peur, ce serait juste incompréhensible…

Le froid tomba brusquement sur les lieux, d’un simple mouvement de ma main fraîchement guéries, je fis souffler les bougies, nous replongeant dans l’obscurité totale. La peur de le perdre me faisait devenir fou, la peur qu’il s’enfuit, me faisait faire n’importe quoi, j’avais juste envie qu’il ait tout aussi peur que moi, qu’il ressente ma peur… Me penchant sur lui, je saisis alors sa main dans une prise raide, le fixant, mes yeux prenant leurs teintes rosée, brillant dans l’obscurité la plus totale, le fixant avec mes yeux reptiliens, souriant légèrement, dévoilant des crocs luisants je lui caressai doucement le visage :

- Laisse-moi simplement te dire, que quand tu t’es réveillé ici, tu t’es réveillé dans la demeure d’un démon. Alors…

Ma voix mourus dans ma gorge, je parlais froidement, alors que je tremblais tel un chiot sous la pluie glaciale, je n’étais qu’un simple fou affrontant la triste réalité. Puis les intonations de ma voix devinrent subitement tremblantes, apeurées, détruites, je n’aurais jamais pensé qu’autant d’émotions pouvais se trouver dans une voix, surtout dans la mienne :

- Alors, je te laisse une dernière chance de partir, de fuir de moi, tu ne mérite pas d’être aux côtés d’un être aussi abjecte, tu souffrirais pour rien, je ne peux rien t’apporter, alors maintenant que tu as tes réponses, part tant qu’il est encore temps… Je… je risquerai tout simplement de t’enfermer dans une cage de te priver de ta liberté et de faire des choses folles pour ne pas te perdre si je m’attache encore plus à toi.

Et je me demandais comment je faisais pour ne pas le faire déjà maintenant, mais je formulai ma réponse moi-même :

- Je ne veux pas te faire souffrir…





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MessageSujet: Re: Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.    Aujourd'hui à 0:25

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Échapper à la mort pour se retrouver dans la résidence d'un démon.

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